Le plagiat de Nike, la polémique sur les pauvres, les démêlés de Ahmad Ahmad…les patates chaudes de la FFRIM

Décidément, l’avant-CAN 2019 s’annonce comme un tapis d’épines pour la Fédération mauritanienne de football (FFRIM). Comme dans une avalanche, les impairs s’amoncellent. Ainsi, à l’euphorie qui a accompagné la présentation du nouveau maillot des Mourabitounes aux détours d’un nouveau partenariat conclu avec l’équipementier marocain, AB Sport, a succédé la menace de plainte brandie par l’un des stylistes de Nike, Craig Ward, pour plagiat. Selon lui, «la police de caractères qui apparaît sur la tunique des Mourabitounes ressemblerait étrangement à celle conçue pour le jeu de maillots porté par l’Angleterre lors du Mondial 2018 ».  Et de conclure, «j’ai déjà été volé, mais jamais par un pays entier». Aucune réaction n’a encore été signalée du côté de la FRIM ni de son partenaires marocain face aux prétentions du styliste anglais qui a annoncé que «l’équipe juridique de Nike est sur le dossier». Reste que la FFRIM, selon son président Ahmed Ould Yahya, a déjà enregistré sa marque déposée sur son nouveau design auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) dont le siège se trouve à Yaoundé au Cameroun..

Par ailleurs, Ahmed Ould Yahya, a été au cœur d’une vive polémique par rapport au prix de vente du maillot de l’équipe nationale, fixée à 1.200 N-UM et pour lesquels certains lui avaient prêté des propos malveillants envers les pauvres qui considèrent ce prix hors de leur portée. En effet, la toile s’était enflammée suite à la sortie médiatique du président de la fédération en marge de la signature du contrat avec AB Sport et l’annonce de la liste des 23 joueurs retenus pour la CAN. Il a été accusé d’afficher un mépris pour les pauvres, une classe qui représenterait 80% de la population mauritanienne, et qui forment l’essentiel des supporters de l’équipe nationale, face à une classe nantie qui n’a jamais assisté à un seul des matchs des Mourabitounes lors de leurs difficiles phases de qualification. Ainsi, beaucoup trouvent que le président de la fédération, en fixant le prix du maillot de l’équipe nationale à 1.200 N-UM (12.000 anciennes ouguiyas) et en déclarant que «les pauvres n’ont qu’à se débrouiller pour l’acquérir» a fait preuve d’une ingratitude et affiché une arrogance notoire envers la majorité de la population mauritanienne.

Dans une déclaration publiée par la FFRIM, Ahmed Ould Yahya a cependant démenti avoir tenu de tels propos, ni affiché le moindre mépris ou arrogance vis-à-vis des pauvres. Il a demandé à ceux qui voudraient s’imprégner de ces propos en les plaçant dans leur contexte de revenir sur sa déclaration, enregistrée et diffusée par plusieurs chaînes de télés privées.

Par ailleurs, il n’est pas sans dire que les démêlés du président de la Confédération africaine de football (CAF), Ahmad Ahmad, éclaboussé par un tissu de scandales révélés par les médias, laisseraient de marbre ses plus intimes collaborateurs, dont le président de la FFRIM, considéré comme l’un de ses plus proches protégés. Même si les reproches faits à Ahmad Ahmad n’engagent que lui, ses retombées sur le plan moral pourraient éprouver la bonne marche de l’institution faîtière du football africain et lui ôter toute crédibilité.

Une autre polémique a été soulevée par le milieu sportif, concernant le choix des 23 joueurs retenus pour la CAN. Beaucoup trouvent en effet que les choix du sélectionneur français, Corentin Martins, ont été dictés par des accointances avec certains joueurs dont lui ou certains membres de la fédération sont liés par des affinités personnelles, plus que ce qu’ils peuvent apporter réellement à l’équipe nationale. Ainsi, la mise à l’écart de joueurs évoluant dans des championnats réguliers, comme Mama Niasse et Abdoulaye Soudani, ou encore d’autres ayant fait leur preuve comme Issa Thiam, élu meilleur joueur de la saison en ligue 1 nationale, est considérée comme une flagrante injustice, au moment où des joueurs sans club depuis plusieurs mois, comme Bessam, Guidilèye ou Adama Bâ, sont nichés dans le groupe des partants.

Le cas Dominique Da Silva a de nouveau resurgi. Lors de la conférence de presse du lundi 20 mai courant, le sélectionneur national a été en effet interpellé sur le cas de cet ancien Mourabitoune qui fait actuellement feu et flamme dans le championnat thaïlandais. La réponse de Corentin, floue et alambiquée, n’a pas convaincu l’assistance qui trouve que cet attaquant hors pair aurait apporté beaucoup à l’équipe nationale de la Mauritanie dans une CAN où elle aura comme adversaire le Mali, la Tunisie et l’Angola.

Cheikh Aïdara

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here